— Ce que les manuels scolaires ne vous diront jamais**
Lorsque vous regardez les informations, avez-vous l’impression de comprendre le monde ?
Ou au contraire, sentez-vous que “quelque chose d’important est dissimulé” ?
Si c’est la deuxième impression, votre intuition est correcte.
Car les médias japonais ne sont pas conçus pour transmettre la réalité.
Ils sont conçus comme un outil permettant de préserver le pouvoir en place.
Et derrière cette mécanique se cache un acteur que l’école ne mentionne jamais :
La bureaucratie japonaise — le véritable détenteur du pouvoir.
Cet article explique comment les médias japonais ont été façonnés après la guerre,
comment la bureaucratie contrôle les politiciens, les universitaires et les journalistes,
et révèle la structure réelle du pouvoir au Japon,
invisible dans le schéma de la “séparation des pouvoirs” appris à l’école.
**Chapitre 1 : Les médias japonais d’après-guerre
étaient conçus comme un système de contrôle dès le départ**
Beaucoup pensent qu’après la guerre, le Japon a obtenu la liberté.
La réalité fut tout autre.
Le GHQ (commandement d’occupation américain) a construit au Japon un système
de “contrôle de l’information sous couvert de démocratie”.
■ Le système de censure du GHQ est devenu le “prototype” des médias japonais
Tous les journaux, magazines et émissions de radio devaient être soumis au GHQ,
traduit en anglais, puis approuvés avant publication.
Les passages interdits devaient être immédiatement supprimés.
Autrement dit, la liberté d’expression japonaise fut dès le début :
“Une liberté accordée sous conditions”.
■ La télévision japonaise fut créée dans le cadre d’un projet américain de “guerre de l’information”
L’architecte majeur fut Matsutarō Shōriki, propriétaire du journal Yomiuri.
Les documents déclassifiés de la CIA révèlent qu’il fut un collaborateur,
sous le nom de code “PODAM”.
La naissance même de la télévision japonaise s’inscrivait dans la stratégie américaine
de lutte contre le bloc communiste.
En d’autres termes :
La télévision japonaise était d’abord “les yeux de l’Amérique”,
et seulement ensuite les yeux du peuple japonais.
C’est l’ADN des médias japonais jusqu’à aujourd’hui.
Chapitre 2 : “L’audimat”, la drogue qui a tué le journalisme
Avec la généralisation de la télévision, les informations ont cessé d’être
une mission de service public. Elles sont devenues
un produit destiné à satisfaire les sponsors.
L’audience devenait le critère absolu.
Les problèmes sociaux étaient transformés en divertissement.
L’information devenait “agréable”, superficielle, sans profondeur.
Et le public préférait les nouvelles “légères” aux analyses sérieuses.
Résultat : la télévision n’est plus
“le quatrième pouvoir”, mais “le quatrième chef du service publicité”.
Chapitre 3 : Le “triangle du silence” qui contrôle les médias japonais
Le monde du divertissement, les grandes entreprises et les agences publicitaires…
Mais le plus dangereux est :
- Le droit de ne pas couvrir un sujet
- Les zones interdites à la critique
- La dépendance totale vis-à-vis des sponsors
L’exemple symbolique fut le scandale Johnny’s.
Bien que la cour d’appel ait reconnu dès 2003 que les accusations avaient un fond de vérité,
les chaînes de télévision restèrent silencieuses pendant vingt ans.
Pourquoi ?
Car s’opposer à une agence contrôlant les sponsors,
c’était signer la mort d’une chaîne.
Voilà la réalité des médias japonais.
Chapitre 4 : L’autre maître du jeu — la bureaucratie japonaise
C’est ici que commence la partie que la plupart des Japonais ignorent.
Dans un dialogue entre Yukihiro Hasegawa et Yoichi Takahashi,
un constat apparaît :
Le véritable dirigeant du Japon n’est pas le politicien,
mais l’appareil bureaucratique.
La séparation des pouvoirs ?
Un équilibre entre politiciens, citoyens et bureaucrates ?
Dans la réalité cela n’existe pas.
■ Les bureaucrates contrôlent les politiciens grâce à l’information
Officiellement, les politiciens sont les supérieurs hiérarchiques.
Mais ceux qui détiennent la connaissance du système, des lois et des politiques
sont les bureaucrates.
La technique la plus subtile qu’ils utilisent :
“Souffler discrètement une phrase à un politicien juste avant son discours.”
Le politicien, pressé par le temps, répète souvent cette phrase sans y réfléchir.
Une fois prononcée en public, elle devient irréversible.
C’est ainsi que le bureaucrate “gagne la partie”.
■ Les journalistes ne peuvent pas écrire sans les fuites officielles des bureaucrates
Sans dossiers off-record, sans documents sous embargo, sans fuites ciblées,
les journalistes japonais ne peuvent pas produire d’articles.
Par conséquent, les médias ne s’opposent jamais à la bureaucratie.
■ Les universitaires sont recrutés très tôt par le ministère des Finances
Le ministère repère les jeunes chercheurs prometteurs,
les forme, puis leur offre des postes dans des institutions affiliées.
Ainsi :
- Les politiciens
- Les médias
- Le monde académique
entrent tous dans un système de subordination à la bureaucratie.
Chapitre 5 : Le “passeport vert” et les privilèges invisibles des bureaucrates
Les bureaucrates disposent de privilèges méconnus du public :
- Le passeport officiel (vert), traité presque comme un passeport diplomatique
- Surclassement automatique en classe affaires ou première classe
- Accès direct au Premier ministre
(car le Secrétaire général du Cabinet est souvent issu du ministère des Finances)
Cela signifie clairement :
Les bureaucrates dominent les politiciens.
Et aucun citoyen ne domine les bureaucrates.
Chapitre 6 : Les réseaux sociaux et l’IA — de nouveaux instruments de contrôle
Si les anciens médias sont corrompus,
peut-on compter sur les réseaux sociaux pour trouver la vérité ?
Pas vraiment.
Sur les réseaux sociaux :
- Ce n’est pas “ce que vous dites” qui compte,
mais “qui vous êtes” - Les algorithmes ne montrent que ce qu’ils veulent vous montrer
Et l’IA n’est pas différente.
Elle semble neutre, mais le pouvoir réel réside dans :
- Qui possède l’IA ?
- Qui définit les réglages initiaux ?
Si ceux qui détiennent le pouvoir interviennent,
l’IA peut elle aussi devenir un outil bureaucratique.
Chapitre 7 : Conclusion — Voir la structure, briser le silence
La corruption des médias japonais n’est pas seulement la faute des chaînes,
des sponsors ou des agences artistiques.
Elle repose sur une structure plus vaste :
La bureaucratie contrôle les médias depuis l’ombre.
L’État, les entreprises, les universitaires, les médias,
et même les citoyens, par leur silence,
soutiennent ce système.
Mais il n’y a qu’un moyen de le briser :
Commencer par voir la structure.
Et si aujourd’hui vous décidez de ne plus “suivre l’ambiance”,
mais d’observer les mécanismes,
vous aurez franchi la première étape pour sortir de cette emprise invisible.
Dernier mot
J’espère que cet article deviendra un déclencheur
qui changera votre manière de recevoir les informations.
Ne demandez plus :
“Qu’est-ce qu’ils disent ?”
Demandez :
“Pourquoi disent-ils cela ?”
En changeant votre perspective,
le monde apparaîtra complètement différent.
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